
Alimentation marathon : la stratégie complète pour performer le jour J
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Temps de lecture 8 min
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Préparer un marathon, c'est bien plus que d'enchaîner les kilomètres. C'est programmer son corps pour un effort extraordinaire. Dans cette quête, l'alimentation n'est pas une option, c'est votre principal levier de performance, au même titre que votre entraînement. Une stratégie nutritionnelle bien menée est la différence entre un record personnel et le fameux "mur du 30ème kilomètre".
Fini l'improvisation et l'angoisse de la défaillance. Cet article décortique, étape par étape, la méthode pour transformer votre alimentation en votre meilleure alliée, de la ligne de départ jusqu'à la médaille.
Ce que vous allez maîtriser après cette lecture :
🧠 La philosophie gagnante : comprendre les principes de l'énergie pour le marathonien.
🗓️ Le plan chronologique complet : de la semaine d'avant-course jusqu'à la récupération.
🍽️ Le protocole détaillé pendant la course : quoi prendre, quand et pourquoi.
❓ La F.A.Q. du marathonien : les réponses claires à toutes les questions que vous vous posez.
Sommaire
La réussite d'un marathon se joue sur des détails. Comprendre ces trois principes est la base de toute stratégie efficace.
Votre course ne commence pas le jour J, mais des mois avant. Une alimentation quotidienne saine et équilibrée est le socle de votre préparation. Elle permet à votre corps de bien assimiler les entraînements, de se réparer et de prévenir les blessures. Mettez l'accent sur :
Les glucides complexes de qualité : pâtes complètes, riz, quinoa, patates douces.
Les protéines maigres : pour la réparation musculaire (poulet, poisson, œufs, légumineuses). Un apport suffisant est clé, et pour varier les plaisirs, vous pouvez vous inspirer de recettes de petits-déjeuners protéinés pour bien démarrer la journée.
Les bons lipides : essentiels pour le système hormonal et comme source d'énergie de fond (avocat, oléagineux, huiles végétales).
Contrairement au trail, le marathon est un effort constant où l'improvisation a peu de place. Votre plan nutritionnel doit être aussi précis que votre plan d'allure.
Testez tout à l'entraînement : C'est la règle d'or absolue. Chaque gel, chaque boisson doit avoir été testé lors de vos sorties longues pour valider la digestion et l'efficacité.
Maîtrisez votre hydratation : L'hydratation est une science. Comprendre les fondamentaux de l'hydratation pour le sportif vous aidera à boire de manière efficace avant et pendant la course.
Créez un plan par kilomètre/temps : Décidez à l'avance à quel moment vous prendrez vos ravitaillements. Exemple : "1 gel au km 10, 20, 30". Cela élimine la charge mentale pendant la course.
Entraîne ton estomac 💪 : Le système digestif s'entraîne comme un muscle. En t'habituant à manger et à boire pendant tes sorties longues, tu améliores sa capacité à digérer en condition de stress.
Maîtrise ton hydratation 💧 : Une bonne hydratation commence bien avant la course. Comprendre les principes de l'hydratation pour le sportif est fondamental pour optimiser tes performances et éviter les crampes.
Même le meilleur des plans doit pouvoir s'adapter.
La météo change tout ☀️ : S'il fait plus chaud que prévu, vous devrez boire davantage.
Écoutez votre estomac : Si vous sentez qu'un gel ne passe pas bien, ne forcez pas. Passez à une autre option que vous avez testée.
Voici le déroulé précis de votre stratégie alimentaire.
De J-7 à J-4 🧘 : L'entraînement diminue. Maintenez une alimentation normale et équilibrée, en réduisant légèrement les quantités. Visez 1,5L à 2L d'eau par jour.
De J-3 à J-1 🍝 : C'est la recharge glucidique. Augmentez la part des glucides (pâtes, riz) et diminuez drastiquement les fibres et les graisses.
La veille au soir 🍽️ : Repas simple, digeste et riche en glucides. Le classique "riz blanc + escalope de dinde" est une valeur sûre. Mangez tôt et évitez l'alcool.
Le petit-déjeuner du champion (3h avant) 🍌 : Il est crucial et doit être terminé 3 heures avant le départ. Optez pour des aliments que vous connaissez par cœur : une crème de riz pour sa digestibilité, du pain blanc avec de la purée d'amandes, ou un gâteau sport maison.
La dernière collation (45 min avant) 💧 : Une dernière petite gorgée d'eau ou de boisson d'attente.
La règle d'or : Visez 40 à 70g de glucides par heure. En pratique, 1 gel ou 1 compote toutes les 45 minutes environ. Certains coureurs aiment alterner avec une barre énergétique facile à mâcher dans la première moitié de course.
Hydratation : À chaque ravitaillement, prenez 1 ou 2 gobelets d'eau. Un pour vous hydrater, l'autre pour "faire passer" votre gel.
Électrolytes : La plupart des gels et boissons énergétiques en contiennent suffisamment pour un marathon en conditions tempérées.
📍 Moment (km) | 🍽️ Action Nutritionnelle | 🎯 Objectif |
---|---|---|
Départ | Bien hydraté, petit-déjeuner digéré. | Partir avec les réserves au maximum. |
Km 7-10 | 1er Gel / Compote + Eau | Maintenir la glycémie et anticiper les besoins. |
Km 15-18 | Boisson isotonique ou Eau + Électrolytes | Compenser les premières pertes en sels minéraux. |
Km 21 (Semi) | 2ème Gel / Compote + Eau | Recharger avant d'entrer dans la zone difficile. |
Km 28-30 | 3ème Gel (caféiné si besoin) + Eau | Prévenir le "mur" et donner un boost mental. |
Km 35 | 4ème Gel / Compote + Eau | Maintenir l'énergie jusqu'à la ligne d'arrivée. |
Arrivée | Boisson de récupération | Lancer immédiatement le processus de réparation. |
Dans l'heure qui suit ⏱️ : C'est la "fenêtre métabolique". Une boisson de récupération (protéines + glucides) est idéale. Une barre protéinée est aussi une excellente option pratique ; il est d'ailleurs intéressant de connaître l'efficacité des barres protéinées dans ce contexte. Pour les adeptes du fait-maison, vous pouvez aussi apprendre à préparer vos propres barres protéinées .
Le premier repas 🥗 : Dans les 2-3 heures, offrez à votre corps un repas complet. Si l'appétit ou l'énergie de cuisiner manquent, une Ration de récupération complète peut être une solution simple et efficace.
Si une alimentation solide est le châssis de votre voiture de course, les compléments sont les réglages de précision qui peuvent vous faire gagner de précieuses minutes et améliorer votre confort. Voici les plus pertinents pour le marathonien :
Maltodextrine et Crème de Riz : Ce sont des poudres de glucides très pures et à la digestion ultra-rapide. Parfaites pour enrichir vos boissons les jours de recharge glucidique sans surcharger votre estomac, ou comme base pour un petit-déjeuner d'avant-course parfaitement toléré.
Caféine : Sous forme de gélule ou intégrée dans un gel, elle est l'alliée des derniers kilomètres. Prise autour du 25-30ème kilomètre, elle aide à réduire la perception de l'effort et à maintenir une concentration optimale lorsque la fatigue s'installe.
Bêta-Alanine : En cure dans les semaines précédant le marathon, ce complément aide à tamponner l'acidité musculaire. Concrètement, il peut vous aider à repousser la sensation de "jambes qui brûlent" et à maintenir votre allure plus longtemps en fin de course.
Protéines en Poudre (Whey ou Végétale) : C'est le complément N°1 de la récupération. Un shaker pris dans l'heure suivant la ligne d'arrivée apporte à vos fibres musculaires endommagées les acides aminés nécessaires pour lancer immédiatement leur reconstruction.
BCAA (Acides Aminés Branchés) : Pris juste après la course, ils agissent comme un signal puissant pour démarrer la synthèse des protéines musculaires, réduisant les courbatures et accélérant la réparation.
Collagène : Le marathon est un sport de chocs répétés. Une supplémentation en collagène, en cure de fond, aide à nourrir et renforcer vos articulations, tendons et cartilages, prévenant ainsi les blessures d'usure.
Fer : Un minéral crucial pour le transport de l'oxygène dans le sang. Les marathoniens, et en particulier les marathoniennes, sont sujets à des carences ("anémie du coureur"). Une surveillance par prise de sang et une supplémentation sur avis médical peuvent être nécessaires.
Testez-en plusieurs ! L'important est que vous le digériez parfaitement à allure marathon.
C'est l'épuisement total de vos réserves de glycogène. On l'évite avec une bonne recharge avant et un apport régulier pendant.
Ralentissez, voire marchez. Concentrez-vous sur votre respiration profonde. Arrêtez de manger pendant quelques minutes.
Visez 150-200 ml par prise (1 ou 2 gobelets), mais de manière régulière à chaque poste.
Gardez-le pour la deuxième moitié de course (km 28-30) pour un double effet : énergie et boost mental.
Un gel tous les 10 km (au 10, 20, 30) et de l'eau à chaque ravitaillement. C'est simple et efficace.
Optez pour une collation très légère 1h30 avant (demi-banane, compote). Le plein d'énergie a surtout été fait les jours précédents.
Rarement, sauf par forte chaleur ou si vous transpirez énormément. Les gels et boissons en contiennent déjà.
Oui, mais avec précaution. C'est plus difficile à digérer en courant qu'un gel. Testez à l'entraînement.
Marchez quelques minutes. Et surtout, buvez ! Votre première priorité est la réhydratation.
Cet article vous a donné le cadre et la méthode. Mais le champion de votre marathon, c'est vous. Apprenez à connaître votre corps, testez votre stratégie, ajustez-la. La maîtrise de votre alimentation vous donnera la confiance et l'énergie nécessaires pour vivre une expérience inoubliable et franchir la ligne d'arrivée avec fierté.